mardi 3 février 2015

La Nouvelle Alliance



Les ténèbres, que les êtres humains avaient eux-mêmes engendrées, pesaient déjà depuis longtemps sur la Terre. Les hommes n’étaient plus capables de s’ouvrir aux courants lumineux qui venaient d’En-Haut et ils s’étaient tellement empêtrés dans les filets de la vanité et de la suffisance que leur avait habilement tendus Lucifer qu’il leur était devenu pratiquement impossible d’en sortir par leurs propres moyens.

La Grâce incommensurable de Dieu se pencha alors vers l’humanité qui sombrait toujours plus bas.

Un rayon de la Justice divine descendit dans la Création et toucha aussi la Terre, si bien que les ténèbres qui l’enserraient purent être refoulées.

L’Alliance


Le peuple d’Israël, qui avait mûri inté­rieu­re­ment à travers la détresse et l’oppression subies lors de sa captivité en Égypte, accueillit la vibration de la Justice divine et s’ouvrit aux rayons secourables qui venaient d’En-Haut. Le pres­sen­ti­ment de l’existence d’un Dieu unique grandit peu à peu en lui.

C’est ainsi que le Dieu des pères d’Israël put conclure une alliance avec le peuple d’Israël. Auparavant, Dieu avait déjà contracté une alliance avec Noé et Abraham, et l’arc-en-ciel avait été le signe visible de l’alliance avec Noé.

Mais, cette fois, tout un peuple devait faire partie de la Sainte Alliance prévue pour servir de base au Royaume de Dieu sur Terre.

C’est par l’intermédiaire de son serviteur Moïse - qu’Il avait appelé - que, dans un message plein de promesses, Dieu annonça au peuple d’Israël : « Maintenant, si vous écoutez ma voix, si vous gardez mon alliance, vous m’appartiendrez entre tous les peuples, car toute la Terre est à moi ; vous serez pour moi un royaume sacri­fi­ca­teur et une nation sainte » (Exode 19,5-6).

Le peuple reçut sur le mont Sinaï (Horeb) la consécration de cette Alliance : les Dix Comman­de­ments. Guidé par des mains lumineuses, Moïse en grava les paroles sur des tables de pierre. Après ce grand événement, Moïse reçut de Dieu une autre mission : « Ils me feront un sanctuaire, et j’habiterai au milieu d’eux. » (Exode 25,8)

Le Saint des Saints


Le Tabernacle fut donc érigé, avec un rideau pour séparer le Saint des Saints dans lequel fut déposée « l’Arche d’alliance » contenant les Tables de la Loi. Le pro­pi­tia­toire avec les deux anges (chérubins) se trouvait au-dessus de l’Arche d’alliance. C’est là que Dieu « habitait » et c’est de là qu’Il com­mu­ni­qua à Moïse tout ce que ce dernier devait annoncer aux « enfants d’Israël ». (Exode 25,21–22)

Le mot « habiter » ne doit toutefois pas être pris à la lettre, car Dieu ne peut venir personnellement dans la Création, jusque sur la Terre, qui se consumerait sous l’effet de sa Force à l’état pur.

Mais Il pouvait ancrer un rayon de sa Force dans le Saint des Saints, et c’est grâce à ce rayon que Moïse - qui servait de façon on ne peut plus pure - fut en mesure d’établir la liaison avec la Volonté de Dieu afin de recevoir toutes les aides dont son peuple avait besoin.

Des personnes capables de voir plus loin ont vrai­sem­bla­ble­ment vu ce lien de radiations. La tradition judaïque fait en effet état d’une clarté lumineuse, dite « lumière chichina », qui remplissait le Saint des Saints du Tabernacle, et plus tard celui du Temple de Salomon. « Chichina » signifie la Lumière de la présence divine parmi les hommes.

Salomon pressentit que Dieu ne pouvait séjourner sur Terre dans le Tabernacle et, lors de la consécration solennelle du Temple, il déclara : « Dieu habiterait-il véri­ta­ble­ment avec l’homme sur la Terre ? Voici, les cieux et les cieux des cieux ne peuvent te contenir ; combien moins cette maison (temple) que j’ai bâtie !» (2. Chroniques 6,18)

Le peuple d’Israël fut ainsi comblé de grâces issues de l’Amour de Dieu. Avec les dix Commandements qui montraient tout ce que les hommes devaient faire pour mûrir spirituellement et pour suivre dans la paix et l’harmonie leur péré­gri­na­tion à travers l’univers, il avait reçu le don le plus précieux qui soit pour son salut.

Mais les êtres humains n’étaient pas contraints de se conformer aux Com­man­de­ments. Étant donné qu’ils possédaient le libre arbitre inhérent à leur genre spirituel, ils devaient décider par eux-mêmes de leur obéir ou non.

Moïse brisa les Tables de la Loi


Que de fois cependant leur libre arbitre ne se montra-t-il pas défaillant parce qu’il fut obscurci par le vouloir erroné de l’intellect lié à la terre, qui adorait le veau d’or de ce qui est éphémère et terrestre !

Que de fois l’Alliance ne fut-elle pas rompue uni­la­té­ra­le­ment par les êtres humains qui s’insurgeaient sans cesse contre la Volonté de Dieu et contre ses Lois !

C’est d’ailleurs pour cette raison que, après la conclusion de cette Alliance, Moïse brisa les Tables de la Loi et pria Dieu de pardonner la conduite sacrilège de son peuple. Et, dans sa miséricorde, Dieu permit que Moïse transcrivît une nouvelle fois les Commandements.

Quelle peine les prophètes ne se donnèrent-ils pas pour rappeler sans cesse le peuple à l’ordre - c’est-à-dire à l’Ordre divin - bien que leur conduite leur eût déjà été dictée suf­fi­sam­ment clairement et on ne peut plus simplement dans les Dix Commandements !

Jésus, le Fils de Dieu


Lorsque les prophètes eux-mêmes ne parvinrent plus à se faire entendre, Dieu envoya son Fils Jésus, engendré en Lui, pour apporter aide et salut à l’humanité.

On se demande souvent pourquoi Jésus a dû naître justement au sein du peuple juif et pourquoi Il n’est pas né chez les Romains, qui se trouvaient en ce temps-là à l’apogée de leur puissance, alors que le peuple juif, déchiré inté­rieu­re­ment et dans une situation instable, gémissait sous le joug de l’occupation romaine.

Il en fut ainsi grâce au petit nombre de ceux qui avaient gardé leur foi en Dieu, en une pureté à nulle autre pareille sur cette Terre. Leur foi offrit le soutien terrestre qui était indispensable au Messager de Vérité issu de la Lumière.

L’incarnation de Jésus sur cette Terre s’accomplit donc pour apporter aux êtres humains égarés dans les ténèbres la Lumière de la Vérité.

Jésus ne voulait ni établir un nouveau dogme ni fonder une nouvelle religion. En exhortant les hommes à faire la Volonté de son Père (Matth. 7,21), Il leur montra en toute simplicité le chemin qui conduit au royaume des cieux, un chemin qu’ils avaient mal­heu­reu­se­ment perdu. Mais « faire la Volonté de son Père » revient à tenir compte des lois immuables qui sont à l’œuvre dans la Création et leur obéir.

Il prit ainsi posi­tion contre les diri­geants reli­gieux aux­quels Il adressa ce reproche : « Mal­heur à vous, scribes et pha­ri­siens hypo­crites, parce que vous fer­mez aux hommes le royaume des cieux ! » (Math. 23,13).

Ils ne purent supporter la Lumière de la Vérité apportée par Jésus et, peu d’années après le début de sa Mission terrestre, ils Le firent crucifier en tant que Messager de Vérité devenu gênant pour eux.

Ainsi s’accomplit la prédiction qu’Il avait exprimée dans la parabole des mauvais vignerons : « Et ils se saisirent de lui (le Fils de Dieu), Le jetèrent hors de la vigne, et Le tuèrent ». (Math. 21,39)

Une immense douleur se répandit dans toutes les Créations à la suite de cet acte effroyable. Des milliers de voix d’anges se lamentèrent au pied du Trône de Dieu : « L’agneau qui a été immolé ! » (Apoc. 5,12) La nature elle-même se révolta. L’obscurité s’étendit sur le Golgotha, et la terre trembla.

L’Ancienne Alliance était défi­ni­ti­ve­ment rompue, et la séparation d’avec Dieu consommée. En signe de cette rupture, le rideau du Temple qui se trouvait devant le Saint des Saints fut déchiré par des mains lumineuses.

L’Arche d’alliance se trouva ainsi exposée à tous les regards parce qu’elle avait perdu sa raison d’être et ne pouvait plus servir de point d’ancrage pour la liaison avec Dieu. Quelques décennies plus tard, ce Temple, qui aurait dû être la demeure de Dieu, fut détruit, tout comme les êtres humains avaient, dans leur haine aveugle, détruit l’Alliance avec Dieu.

Depuis l’événement du Golgotha, le Jugement dernier se mit en marche pour l’humanité entière, si bien que l’apogée et la fin de ce Jugement approchent à présent.

La Nouvelle Alliance


Au cours de sa Mission terrestre, Jésus reconnut de plus en plus clairement que l’Ancienne Alliance ne pouvait plus être maintenue en raison de la faillite humaine et qu’une Nouvelle Alliance devrait être conclue un jour pour donner une toute dernière chance à ceux qui étaient prêts à s’approcher de Dieu en une véritable humilité.

Sachant cela, Il prononça peu avant sa mort terrestre les paroles suivantes : « Ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui est répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés » (Math. 26,28).

Par son sang répandu sur la croix, Il confirma la Vérité de la Parole qu’Il avait apportée. Seule l’observance de sa Parole permet à beaucoup d’êtres humains de racheter tous leurs péchés et donc d’être pardonnés.

Par sa Parole, Jésus prépara pour les hommes, il y a deux millénaires, le chemin de la Nouvelle Alliance dont l’être humain a besoin en tant que créature dépendante de son Créateur. Sans cette Alliance, il ne peut plus y avoir de lien avec Dieu, puisque ce lien a été coupé par la crucifixion.

C’est le Fils de l’Homme, que Jésus Lui-même a annoncé, qui conclut la Nouvelle Alliance. Jésus Le nomma aussi l’Esprit de Vérité, le Saint-Esprit, le Consolateur. Ce que Jésus prophétisa autrefois au sujet du Fils de l’Homme est à présent en train de s’accomplir.

Le Fils de l’Homme



Si Dieu se révéla dans l’Ancien Testament comme étant le Dieu de Justice, et dans le Nouveau Testament comme étant le Dieu d’Amour, son dernier Message venu du Graal vibre dans la Justice, l’Amour et la Pureté. En effet, la Justice, l’Amour et la Pureté ne font qu’un, puisque la Perfection divine repose en eux !

C’est dans la Lumière claire et sévère de la Pureté divine que s’accomplit pendant le Jugement dernier la grande épuration de la Création entière, y compris celle de la Terre. C’est l’épuration de toutes les souillures et de tout le mal que l’humanité a accumulé depuis des millénaires.

Qu’une épuration de cette envergure ne puisse se faire en douceur, voilà ce que nous constatons quo­ti­dien­ne­ment et toujours plus nettement. Les rayons puri­fi­ca­teurs qui pénètrent dans la Création atteignent tout, sans la moindre exception. Tout doit montrer son vrai visage, même s’il a pu rester dissimulé jusqu’à présent pendant des siècles et des millénaires.

Tout vient donc au grand jour, pour disparaître s’il s’agit de quelque chose de faux, ou pour être renforcé s’il s’agit de ce qui est conforme aux lois. L’être humain pris indi­vi­duel­le­ment est soumis lui aussi à cette épuration et doit se libérer de toutes les scories qu’entraîne un vouloir impur.

La pureté est aussi la condition de la Nouvelle Alliance avec Dieu, et cette Alliance exige de la part de l’être humain la fidélité la plus pure. C’est en effet à partir de la Pureté sur le plan divin que peut naître la fidélité sur le plan spirituel humain. Ce qui est réalisé en une fidélité authentique est pur !

La fidélité permet à l’être humain de reconnaître la Volonté de Dieu dans les paroles et dans les œuvres révélées par Lui. Elle lui permet aussi de conformer de son plein gré son vouloir à cette Volonté. Alors seulement, l’homme peut appartenir à Dieu et Le servir en toute humilité et de tout son être.

Il a ainsi réuni les conditions requises pour être admis dans la Nouvelle Alliance. Dans l’éclat de sa fidélité, il lui sera finalement donné d’entrer au Paradis céleste qu’il a si ardemment désiré et qui lui est ouvert par la Nouvelle Alliance. (…)


Questions religieuses sous un jour nouveau* de H. Vollmann)


* : Ce livre de Herbert Vollmann est paru aux Editions du Graal. L'édition originale de cet ouvrage est en allemand.

-o-o-o-